Le Capteur de Puissance FAVERO bePRO à l’Essai

Dans ce premier article, je vous avais présenté les pédales bePRO de l’entreprise italienne Favero, marque nouvellement présente sur le marché des capteurs de puissance. Après plusieurs séances d’essais au cours desquelles j’ai testé ce capteur, voici les premières conclusions sur leur fonctionnement. J’ai essayé les pédales sur des intervalles courts sur segments plats (autour de l’hippodrome de Longchamp) mais aussi sur des bosses courtes (< 2 kilomètres) lors de sorties plus longues en Vallée de Chevreuse. Avec un peu de recul, voici ce qu’il ressort de cette courte période d’essai.

montage bePRO 7

Comme évoqué lors de la présentation des pédales, la connexion avec le compteur GPS se fait très rapidement. Seul le calibrage dynamique peut demander un peu de temps et de manipulation. Il n’est bien sûr pas nécessaire d’effectuer ce calibrage avant chaque sortie, mais seulement lorsque l’utilisateur sentira un dérèglement dans leur fonctionnement, comme par exemple après une modification de la position des pédales.

La transmission des informations

Les pédales, de par la mesure simultanée de puissance droite/gauche vont fournir, en plus des valeurs de puissance, les informations suivantes :

  • Équilibre droite et gauche
  • Efficacité du pédalage
  • Fluidité du coup de pédale

Ces données, tout particulièrement exploitable sur Garmin Connect permettent de bien comprendre la mécanique du pédalage. Pour ne rien vous cacher, seul l’équilibre gauche droite reste, à mon sens, un paramètre intéressant, les deux autres étant des choses plus complexes à analyser et sur lesquels on ne trouve finalement que peu de littérature sur internet (à ce jour) pour les améliorer.

equlibre-gauche-droiteNéanmoins, cela reste des données qui vont dans le sens de l’optimisation de la performance et qui, dans un futur proche, pourront être bien mieux exploitées qu’à ce jour.

Les mesures de puissance

En termes de données de puissance, il est toujours difficile de dire si les chiffres bruts transmis par le capteur sont exacts. Néanmoins, on peut vérifier une part de leur cohérence. C’est notamment ce que j’ai regardé en analysant la vitesse en fonction de la puissance développée. C’est ainsi que je vais vous présenter quelques exemples de retour de puissance obtenus sur plusieurs sorties (mais sur le même vélo) au cours desquelles j’ai utilisé ce capteur de puissance bePRO.

J’ai donc effectué une première série de mesures sur route plate (à l’hippodrome de Longchamp), et voici ce qu’il en sort :

mesure-puissance-vitesse

courbe-puissance-vitesse

Comme vous pouvez le voir sur le graphique précédent, plus la puissance développée est importante, plus la vitesse est élevée. Chose rassurante ! Quant à l’évolution plus précise, l’influence des paramètres extérieures restent trop importante pour pouvoir en tirer plus de conclusion.

Bien sûr cette analyse connaît des limites néanmoins elle permet de vérifier que les données restent bien cohérentes dans le temps.

J’ai également analysé et comparé les puissances développées entre le capteur bePRO et le capteur STAGES sur certains segments STRAVA en fonction de la puissance (ce sont des segments vallonnés ou en bosse en Vallée de Chevreuse et parcourus sans bénéficier du phénomène d’aspiration). Là encore c’est une méthode qui connaît ses limites tant les éléments extérieurs peuvent impacter le cycliste. Néanmoins dans des conditions sensiblement identiques, on peut là encore vérifier que les données restent globalement cohérentes. A titre d’exemple, voici quelques résultats obtenus :

comparaison-bepro-stages

Pour aller plus loin et vérifier de façon plus précise la relation entre puissance et vitesse, ou tout simplement pour vérifier la correction des valeurs de puissance, je n’ai ni le matériel ni la méthode pour. Et il y a bien un moment où il faut faire confiance aux constructeurs de matériel.

La durabilité des pédales dans le temps

Les pédales, comme vous pouvez l’imaginer, restent très exposées aux projections en tout genre. Après ces quelques sorties effectuées, les pédales n’étaient que légèrement marquées. Mais pour sûr, après une saison complète, elle pourrait être bien plus abîmées. Bien sûr cela reste de l’esthétique, mais il semble toujours dommage d’avoir un produit qualitatif qui subit directement les affronts des conditions extérieures. N’ayez crainte, elles sont bien prévues pour résister aux projections diverses. Seul des chocs pourront les affecter. Je pense notamment à une chute où la pédale est bien souvent le premier organe du vélo touché et dont l’impact pourrait rendre la pédale inutilisable.

Pour ce qui est de la tenue et la fiabilité des mesures dans le temps, je ne suis malheureusement pas en mesure de pourvoir le dire à travers ce test, trop court pour l’estimer.

Edit du 25/10/2016 : les jauges qui composent le capteur sont noyées dans une résine bi-composante qui, en plus d’assurer une parfaite isolation électrique rend l’ensemble très robuste et résistant à la plupart des chocs accidentels. Le risque d’endommagement des pédales en cas de chute est réduit. Et même si cela devait arriver et que le corps de pédale venait à être abîmé, il serait possible de le remplacer pour un montant inférieur à 60€ (via la boutique en ligne Favero où toutes les pièces détachées qui composent le capteurs sont disponibles à la vente).

Quelles conclusions en tirer ?

Pour avoir déjà essayé d’autres types de capteurs de puissance, le capteur Favero bePRO est un produit très intéressant en termes d’utilisation et de fonctionnalité. Le couplage au GPS et le retour d’information m’a, lors de ce court test donné satisfaction (c’est d’ailleurs la première fois que j’avais l’occasion de connaître la répartition gauche/droite de la puissance développée). Seul le montage et l’étalonnage pourra sembler complexe lors des premières utilisations. Mais une fois ces opérations appréhendées par l’utilisateur, le fonctionnement des pédales n’en sera que meilleur.

Si je ne disposais déjà pas d’un capteur de puissance, le capteur Favero bePro rentrerait très certainement dans la courte liste de ceux que je souhaiterais acquérir. Pour moins de 800€, c’est à ce jour le seul capteur que je connaisse qui fournisse autant de données à l’utilisateur pour un fonctionnement rapide et précis. A mon sens, le point négatif numéro un restera la position du capteur trop exposé au choc lors d’une chute, tout comme l’ensemble des capteurs installés sur les pédales.

Affaire à suivre, mais ce capteur semble avoir de nombreux atout pour percer sur le marché en pleine expansion des capteurs de puissance.

1 comment on “Le Capteur de Puissance FAVERO bePRO à l’Essai”

  1. Laurent Répondre

    Bonjour
    J’utilise ces capteurs depuis plus d’un an avec grande satisfaction. Le prix est plus que compétitif et je rejoins entièrement l’auteur sur la facilité de montage et d’utilisation.
    En raison du modèle Garmin de compteur (Edge Explore 1000) que j’utilise, je n’avais pas accès jusqu’il y a peu de temps aux données de répartition D/G et efficacité de pédalage. J’ai trouvé récemment sur Connect IQ une appli qui donne tous ces résultats.
    Grâce à ces capteurs je peux suivre la progression de mon état de forme, ou gérer mes sorties lorsque je veux aller loin et longtemps (je reste en dessous de ma FTP).
    Un rapide test comparatif avec mon HT (TACX NEO SMART) m’a montré que les données de puissances étaient cohérentes entre les 2 systèmes. Cohérentes pour moi signifie une différence de quelques %. maxi. Pour moi c’est plus le différentiel que la valeur absolue de la puissance qui est important. Que je développe 250 ou 260 Watts de FTP importe peu mais que je gagne 30 watts après une phase d’entrainement spécifique l’est !

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