Mondiaux de Piste : Entre Grosses Cuisses et Lenticulaires

Ce fut l’évènement sportif de la fin de la semaine dernière, je veux bien sur parler des championnats du monde de cyclisme sur piste qui avaient lieu dans le tout nouveau vélodrome de Saint Quentin en Yvelines. Ne connaissant auparavant pas ce type de pratique du cyclisme, j’ai trouvé le spectacle vraiment ludique et très prenant. Les épreuves sont courtes, variées et s’enchaînent les unes après les autres de façon à toujours garder les spectateurs attentifs.

Amateur de pignon fixe ou non, voici quelques explications sur différentes de ces épreuves.

La vitesse

L’épreuve de vitesse est au cyclisme sur piste ce qu’est le free fight aux sports de combat : une discipline où deux adversaires s’affrontent sur un fond de musique angoissante. C’est un duel où il faut savoir intimider son rival, le jauger et être plus malin que lui. Le but ici n’étant cependant pas de le mettre KO, mais de finir devant lui avant la fin des 3 tours de piste. Et à un moment ou à un autre, il faut bien écraser les pédales à grands coups de quadriceps et d’ischio-jambier.

Vitesse sur piste

Parlons-en des cuisses : 3 fois la taille des miennes, autant vous dire que dans la dernière ligne droite, il doit y avoir des watts et je n’aimerais clairement pas être à la place du pédalier. A ce petit jeu, c’est bel et bien le français Grégory Baugé qui s’est montré le plus fort !

Le kilomètre

Le kilomètre sur piste est l’équivalent du 400 mètres en athlétisme. C’est la discipline où bien assis au fond de votre canapé, votre sadisme devient proportionnel à la quantité d’acide lactique qui est créé dans les muscles des compétiteurs. A en tomber dans les pommes il paraît.

Kilomètre sur Piste

Parfois le vélo c’est aussi regarder les autres souffrir pendant 4 tours de piste. C’est d’ailleurs devenu l’un de mes hobbies préférés depuis 3 semaines et mon immobilisation partielle.

Le Keirin

Le Keirin est une épreuve qui se déroule en deux parties. La première partie est menée par un cycliste paresseux (plus sympathiquement appelé Entraîneur) au commande d’un vélo électrique. Son rôle est de garder le peloton calme tout en amenant les différents concurrents à une vitesse certaine (45km/h pour les femmes et 50km/h pour les hommes). L’engin qu’il conduit s’appelle un derny. Mais dans le cas présent, il ressemblait plus à une mobylette pour adolescent qu’à la traditionnelle machine à moteur de Roger Derny et Fils.

Keirin 1

La seconde partie de l’épreuve commence au moment ou l’Entraîneur s’écarte de la piste. Commence alors une véritable bataille de chiffonniers dans laquelle entre 3 et 7 sprinters se frottent les coudes sur 600 mètres pour passer en tête la ligne d’arrivée.

Keirin

La Course aux Points

La course aux points est le moment où le public commence à ne plus tout comprendre ce qui se passe sous ses yeux. L’épreuve rassemble une vingtaine de pistards qui s’affrontent sur 100 tours de 250 mètres, en marquant des points à des sprints intermédiaires qui ont lieu tous les 10 tours. La piste se transforme en un véritable champ de bataille et sans l’aide du speaker, on serait incapable de dire qui est le premier et qui est le dernier de la course.

Course aux Points

Et je ne parle même pas de la Course à l’Américaine. Alors là, la piste ressemble à la route de l’hippodrome de Longchamp un dimanche matin de juin. 25 équipes chacune constituée de deux cyclistes se relaient sur 200 tours avec des sprints intermédiaires tous les 20 tours. Voyez un peu :

Quasiment une heure de course, c’est le moment où la sieste se fait demander. Si le public n’avait pas fait autant de bruit, j’en aurais profiter pour faire un petit somme. Je me suis quand même assoupi. Les spectateurs m’ont alors fait sursauté au moment où l’équipe française constituée de Bryan Coquart et Morgan Kneisky passait le ligne d’arrivée en vainqueur.

Et pendant tout ce temps, des dizaines de concurrents s’affairent au milieu du vélodrome sur des rouleaux ou des home trainer, casque audio vissé sur les oreilles.

Velodrome de Saint Quentin en Yvelines

Ce fut donc un chouette événement au cours de laquelle j’ai encore pu jouer de mon statut d’handicapé : ma place était réservée, on me tenait la porte lorsque j’allais aux toilettes et les agents de sécurité ne me demandaient même plus mon billet pour rentrer dans l’enceinte du vélodrome.

Place handicapé

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